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20.12.2006
très drôle...

Quand une fille m'énerve un peu, c'est souvent parce qu'elle a touché juste.
Il y a un tel bonheur à faire rire les gens que parfois, je me suis dit que j'aurais aimé être humoriste. En fait, c'est pas du tout possible, ça va, je sais. J'ai mon public de fans absolus, ils sont quatre à peu près, et je n'ai qu'à lever le petit doigt pour les voir s'étrangler, se contorsionner, s'étouffer de rire.
Mais la plupart du temps, les gens qui ne me connaissent pas bien me regardent avec un air étonné-inquiet, et je remballe ma dérision aussi sec.
J'ai été très contente quand j'ai vu débarquer Gad Elmaleh. Je n'avais accroché avec aucun humoriste avant. Je ne l'ai pas trouvé beau tout de suite, mais il y avait une telle classe dans son humour, une telle finesse que j'ai fini par me dire qu'il fallait absolument que je fasse une bataille d'humour avec lui, rien que pour le plaisir de me faire rétamer.
Ne parlons même pas des femmes humoristes. Quand on voit comment la sympathique Valérie Lemercier a galeré pour faire comprendre qu'elle aimerait bien aussi être considérée comme une femme, on se dit que si on a un peu de talent, mieux vaut se planquer derrière une plume comme Sophie Fontanel pour raconter ses délires.
Eheh! Je suis donc ravie, et même si je suis loin d'avoir trouvé mon idole femme, je suis vraiment ravie que Louise Bourgoin soit arrivée.
Avant ça, dans un autre style, j'aimais beaucoup Daphné Bürki : c'est simple, cette fille rit tout le temps, parle de mode sans la prendre au sérieux et se met en scène tout en restant parfaitement adorable.
Mais Louise!
Louise, elle montre à toutes les filles (enfin, à moi), que le ridicule ne tue pas. Une blague sur deux tombe complètement à plat.
Louise, elle est méchante. Si si, elle est méchante. Elle donne tous les jours l'âge de people qui essayent de nous faire oublier qu'ils sont nés en 34.
Louise, elle remballe les gros lourds nés en 34 qui lui font du rentre-dedans en direct live.
Louise pousse des cris, fait des grimaces, déconne tout le temps.
Et pourtant les mecs l'adorent. Ben oui, c'est un concentré de féminité.
Alors, je suis très contente, pendant longtemps on a voulu me faire croire que pour attraper les mecs ils fallait minauder en remuant son derrière. Je vous rassure, ça fait longtemps que j'avais compris que c'était faux, mais je trouve que l'air devient plus frais pour les femmes en ce moment, et j'aime bien ça.
18.12.2006
modernists

Mon chéri a un chouette passé fashion. À l'époque où je tentais désespérément de faire prendre un hénné sur mes cheveux et de dégoter en fripes le pantalon le plus pat d'eph possible "from hell to heaven" disait ma copine Nina, lui prenait la pose sur son Lambretta, en essayant de ne pas tâcher son costard taillé sur mesure.
Il était Mods.
Comme pour tous les phénomènes de bande et de jeunesse, les concepts d'originalité, de créativité se débattaient dans un périmètre des plus restreints, pour la plus grande joie de leur petite société qui pouvait ainsi passer des heures à comparer l'angle d'un col de chemise ou le degré de rareté d'un polo.
Quand même, je suis fan. J'ai été immédiatement conquise par se collec' de Vespa vintage, par ses souvenirs de rassemblements et par l'esprit Mods, même si au bout du compte ils passaient plus de temps à parader qu'à réfléchir au sens de la vie.
L'important, c'était d'être 'smart', clean, nickel, quoi. Les 'starco' était donc sur mesure, double poche, 3 boutons minimum, cintrés. Une petite chaîne à peine visible assurait un tombé parfait au pantalon et faisait toute la différence. Des bottines pointues achevaient le tableau.
Pour les jours plus 'sport', il y avait bien entendu le fameux Fred Perry, et les Kicks de Adidas (dont une paire rescapée de ces glorieuses années dort dans le placard, sorte de relique ou dans les moments de doute, mon chéri peut aller invoquer les esprits des 60's)
Mince alors! Penser qu'à l'âge ou j'en étais encore à essayer de faire du tye and dye violet avec mes tee-shirts Petit Bateau, il avait déjà la science du style, et qu'aujourd'hui pour le faire sortir de ses jeans baskets, il faut le menacer de sortir en tailleur Jacqueline Riu, ça me rend dingue.
14.12.2006
les catas de l'automne

Ces derniers temps, au rayon cata de la mode, j'ai vu :
Le 7 décembre
L'immense sac est à la mode. La fille qui est devant moi à la caisse du Monop' l'a bien compris. Mais elle n'a sûrement pas pigé le coup des pochettes : 10 mn qu'elle cherche sa monnaie au fond de cette... énorme chose.
Réaction de la caissière : Vous ne connaissez pas le coup des pochettes?
Droit de réponse (une voix sort du fond du sac) : C'est que justement j'ai la pochette makeup, la pochette ballerines, la pochette cheveux...
Mais impossible de mettre la main sur la pochette monnaie!
Le 8 décembre
Je mets ma casquette de marin et je file à l'apéro. Mes cheveux prennent un tel pli que je ne peux plus l'enlever. Ce genre de casquette ne se porte que bien enfoncée, mon champ de vision est réduit au minimum vital : le trottoir.
Et en plus, il faut que je fasse la bise à mes amis.
Réaction de mes amis : Aïe, tu m'as donné un coup de casquette dans l'oeil!
Droit de réponse : Ca t'apprendras à être plus grande que moi!
Le 9 décembre
La serveuse de ce restaurant chic a une jupe boule et c'est très joli. Si elle pouvait me rendre mon Crispy Duck qui est allé s'écraser lamentablement au sol après avoir été happé par ladite jupe, j'apprécierais.
Réaction de mon ami : son taux de pénétration dans l'air lui joue des tours.
Droit de réponse : et encore, j'ai enlevé mon trench Viktor & Rolf!
Le 9 décembre
moi, en train d'essayer l'une de ces robes coupe trapèze avec haut froncé, en essayant d'oublier que décidément, j'ai des seins, et que les seins c'est pas fashion.
Réaction de la vendeuse : c'est la coupe de l'hiver!
Droit de réponse : Elle t'a rien demandé la montgolfière à pois!
Le 11 décembre :
Que vois-je? Une grande tige ultra mode avec des leggings, des escarpins ouverts au bout, et donc, les pieds nus. Dans un ouragan de vent et de pluie.
Réaction de mon chéri : même la plus jolie des filles dans cette situation fait de la peine.
Droit dé réponse : mais je travaille toute la journée dans un bureau surchauffé!
Mon grain de sel : si il y a un truc qu'on veut pas, c'est bien faire de la peine. Je vote donc pour le mis-bas sous le legging, si on tient absolument à mettre des leggings avec des escarpins ouverts au bout par -12.
Oui, c'est complètement tordu.
Pour ce qui est de la chaussette dans l'escarpin, définitivement, je crois que ça n'a pas pris.
12.12.2006
confort moderne

Ah. La poésie de la mode. Et son héros, le jean taille basse. Le string qui dépasse. Parfois, au hasard d'un siège un peu bas, apercevoir les fesses d'une inconnue. Souvent, au gré des religieuses framboise, avoir cette délicieuse impression d'avoir le corps scié en deux. Se regarder dans la glace, avoir vraiment le corps scié en deux. Rien à dire, la classe.
Des années, des années de taille de plus en plus basse. Jusqu'à se demander, à voir la longueur de la braguette, si l'on pouvait encore parler de taille. À se demander si l'on pouvait vraiment s'autoriser à lever les bras au ciel, si l'on pouvait vraiment ramasser notre portable tombé au sol, ou dire bonjour à cet enfant. Et j'en passe.
Comme ça, à mon corps défendant, je me suis prise à fantasmer sur un taille haute. Je me suis imaginée avec un beau derrière bien placé (je parle des poches là, si vous voyez ce que je veux dire!), complètement détendue de la poignée d'amour, et avec une petite touche de "le taille basse, c'est fini!" dans le regard.
Oui je sais, je débarque.
Donc, je file m'acheter un taille haute. Attention c'est à cet instant là que le fantasme rencontre la réalité. La vendeuse me regarde, et me donne un porte-clés, je lui dis ha ha ha très drôle, et elle me dit mais non mais non essayez-moi ça. J'enfile la chose, qui, en plus d'être taille haute, est comme de bien entendu, slim, ce qui veut dire que je suis à la limite de l'apoplexie des chevilles à la taille.
Je sors de la cabine, et j'entends : vous voyez, c'est ça! Et à ce moment là me remontent des souvenirs enfouis depuis le collège. J'avais oublié cette sensation troublante d'asphyxie, j'avais oublié cette phrase troublante : vous verrez, ils lâchent oh, au moins une taille!
Bon, en même temps, c'est canon. Pas grave de pas respirer après tout. Mon chéri lui aussi me dit : c'est canon. Alors bon, j'achète. Un jour après, je suis bien dedans. Et puis hier, resto.
Dessert et tout.
Et, oh mon dieu je l'avais oubliée celle là : l'envie de défaire le bouton du jean.
Au nom de toutes les fesses à l'air de Paris, ça, jamais de la vie!
06.12.2006
l'amie de mon chéri

C'est le genre de fille tellement mimi que quand mon chéri se prépare pour aller boire un verre avec elle mon corps se raidit et mon sourire se crispe et d'un coup j'ai envie de casser un vase sur sa tête par inadvertance.
C'est le genre de fille tellement bien sapée que je m'entends dire des trucs franchement lamentables (genre Chanel ça fait vieille sur elle) alors que mon chéri avait à peine remarqué qu'elle avait le même sac que sa mère, d'ailleurs :
C'est le genre de fille pour qui les hommes sont des accessoires pas forcément plus pratiques qu'un sac à main. Et comme elle a jamais trouvé un homme qui remplisse toutes les fonctions : sortable, dispendieux et maniable, du coup :
C'est le genre de fille qui a une équipe de chevaliers à qui elle fait appel à tout moment. Le mien est spécialiste en coeurs brisés. Mais il y a aussi son chauffeur avec Porsche, son noceur avec sa bouteille de champ' et son coiffeur qui a intérêt à répondre au téléphone parce que :
C'est le genre de fille à qui on répond tout de suite. Pas parce qu'elle est irrésistible ou qu'elle a une autorité MAMienne, non. C'est que sinon votre téléphone devient une sorte de bombe à retardement : allumé, il sonne sans discontinuer. Éteint, elle sature votre boîte vocale et puis alors là c'est le museau assuré pendant au moins un mois. Oui, elle est juste insupportable mais :
C'est le genre de fille trop capricieuse pour être méchante, trop parfaite pour être heureuse, trop avide pour être aimée. Ce genre de fille qui plaît à son boss, au père de sa copine et au mec de sa mère. En somme, une jolie galère.
Enfin, ça, c'est ce que s'échine à me dire mon chéri en voyant ma main crispée sur le vase du salon. J'ai lutté, j'ai été méfiante, puis jalouse, puis vindicative, puis philosophe, puis...
Puis un jour, je l'ai cru.


