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30.01.2007
j'adooore être toute seule!

Là il est revenu mais mon chéri n'était pas là pendant trois semaines. Trois semaines...
1ère semaine : Trop bon. Je refais la déco de l'appart, version fille. Mes magazines sont étalés dans le salon, mes vernis sur la table et le Lunar Park que je dois finir depuis deux mois frétille. Au fond de mes yeux, on peut lire : ne pas déranger. J'appelle quelques copains, cale un ou deux rendez-vous lointains et me laisse avec bonheur glisser dans la solitude.
Mon chéri m'appelle. Tout va bien, bisou, bonne nuit.
2ème semaine : Super bon. Le frigo est rempli de denrées inhabituelles : brocolis, tofu, crème de jour. Je commence à m'ennuyer des mousses au chocolat que je me refuse quand il est là. Tiens, c'est étrange! Le téléphone trône sur la table du salon. Surtout ne pas rater un appel. Je programme mon week-end dès le lundi. Une amie vient passer deux jours à Paris. Je suis anormalement contente.
Mon chéri m'appelle. Tout va bien. Tu sais pas ce qui m'est arrivé? Comment ça t'as pas le temps? Et toi, t'as pas des trucs à me raconter? Comme d'habitude? Oui, mais comme d'habitude quoi exactement? Tu sais mon coeur, j'adore quand tu me racontes ta vie! Tu dois me laisser? Attennnnnds!!!
3ème semaine : Je cours m'acheter des mousses au chocolat. Sans oublier mon téléphone. Tiens, si je passais à la librairie m'acheter 10-15 bouquins? Au moins je serais sûre de ne pas m'ennuyer. Oh et puis y a pas un bon film ce soir à la télé? Funny Face? En voilà une soirée délicieuse! Le film terminé, il est tôt, je suis toujours aussi seule. Internet. Je reçois un mail d'une amie. Lui réponds aussitôt.
T'as pas Msn? elle me dit.
Naaaaaaaan je réponds. Maintenant j'en suis sûre, je passe à côté de l'invention du siècle. Elle me dit : Ben viens sur Gtalk!!!
What?
Trois heures après, nous n'avons échangé que du vent, sympathique et affectueux, mais c'était bel et bien du vent. Cela dit, je me sens prête à passer une nuit toute seule fière de moi, je suis si indépendante.
Le lendemain, j'exhorte mon amie de venir sur Gtalk. Je la harcèlerais ainsi trois jours de suite. Elle n'a plus entendu parler de moi depuis maintenant une semaine.
Ben oui, j'ai eu du monde à la maison moi! Et puis dans la foulée, mon chéri est rentré. La maison est bien pleine soudain...
Et... tu repars quand?
S'il m'a été inspiré par le "Kyoto en solo" de Café Mode, il n'y a aucune commune mesure entre mon petit récit et le carnet de voyage passionnant que Géraldine nous propose sur sa semaine au Japon. Allez-y, c'est exquis!
24.01.2007
...et les 17 nains

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Donc tout le monde est invité. Ce qui ne veut pas dire que l'appart est immense, non non, mais juste que mon chéri est très sympa et que moi je vais faire la cuisine.
Enfin voyons, vous connaissez ma mauvaise foi. Moi, faire la cuisine? Le petit dèj j'ai dit, et encore ça se négocie. L'important quand on vit avec avec une quinzaine de sauvages, c'est de prendre sa douche avant que la salle de bains ne ressemble au Radeau de la Méduse. Puis, de se précipiter pour étendre sa serviette au dessus d'un radiateur. Inutile de le dire, passé 9h15 (et oui les sauvages se lèvent tôt, le chamois n'attends pas), pas de douche.
9h15 donc. Là, c'est le moment ou tout le monde à quelque chose d'excessivement important à faire. Un raz-de-marée armé jusqu'aux dents (boots, boards, esprit de meute) traverse l'appartement dans un grand fracas pour aller chercher ses forfaits, faire farter son snow, téléphoner à l'horloge parlante.
Soudain le silence. Mon écran total dans une main, une chaussette dans l'autre, j'aperçois S. de l'autre côté de la pièce. S. est la seule amie qui accepte et aime ces vacances en conditions extrêmes. Entre nous, sur la table, les vestiges d'un petit dèj avalé à la hâte.
Bon bon. Heureusement, il y a des bons moments. L'après-ski, n'est ce pas ce qu'on a inventé de mieux au ski? Se faire couler un bain chaud, puis boire un bon thé et pourquoi pas enchaîner sur l'apéro en se racontant les aventures de la journée.
Damned!!! Qui s'est servi de ma serviette comme tapis de bain? Qui s'est servi de mon shampooing comme liquide vaisselle? Qui a fini ma crème de jour?
Heureusement, S. est là. Nous prenons un petit thé accompagné de... ah non de rien il n'y a déjà plus de douceurs. Avec un peu de chance l'un d'entre eux a déclenché une avalanche, ils sont en retard, tout est calme.
Ce soir, pour se faire pardonner du coup du petit dèj, les garçons font le dîner. Je les vois se ramener avec un quintal de pommes de terre et un sourire jovial et rougeaud. Rien que pour vous les filles, tartiflette!!!
Je sens que ce soir encore nous allons atteindre des sommets de raffinement.
11h30, la chose est prête. À cette heure avancée, on ne peut plus vraiment dire si c'est une tartiflette ou euh... non là vraiment je vois pas. De toute façon l'apéro est passé par là, tout le monde est éméché et se jette là dessus comme si sa vie en dépendait. La cuisine, faut-il le préciser, ressemble à peu près à ce que nous avons dans notre assiette. Il y en a jusqu'au plafond.
Et c'est là qu'il faut être fin stratège. Pas pour ne pas nettoyer la pagaille, ceci étant un moindre dommage, mais pour avoir une chance de dormir ce soir. Pour cela, il faut parvenir à pousser les 17 nains en dehors de la chaumière, qu'ils aillent au bar, faire une descente aux chandelles ou du parachute ascencionnel ne nous regarde pas. L'important est de pouvoir dormir avant 5h du matin, pour se lever fraîche et dispose, prête au combat.
22.01.2007
blanche neige...

Quand j'ai rencontré mon chéri, il y quelques années, il m'a prévenue tout de suite. Tous les ans, c'est au moins deux semaines à la neige.
Comme je voulais lui plaire, j'ai dit OUH, génial ça terrible!
Il a donc un appart au ski, où TOUT le monde est invité. En face, son cousin qui a notre âge et est adorable, TOUT le monde est invité aussi. Et si ça déborde, c'est pas grave, juste à côté y il a l'appart des parents, prêts à tout pour rendre les vacances de leur progéniture de 30 ans inoubliable.
Mon premier cadeau, ça a été une petite Nitro fantastique, d'après lui. Un snowboard? Eeeeeh oui. Je n'aurais pas d'autre choix que de m'y mettre, et que de suivre cette meute de sauvages à l'assaut de montagnes tout aussi sauvages.
Alors que j'aurais pu passer mon temps à dorer en terrasse, en observant les volutes de mon chéri au loin. C'est qu'il est beau sur son snow.
Heureusement que j'ai une amie, une vraie. Une qui aime bronzer, boire du vin chaud et aime bien faire du hors piste surtout pour aller caresser les chamois et les écureuils. Elle me coache, me stimule, s'entraîne à descendre les pistes à l'envers pendant que je prends mes gamelles. Bon des fois elle disparaît je sais pas trop pourquoi. Peut-être qu'elle en avait un peu marre de rester sur la piste verte devant le bar de la station.
Deux ans d'humiliations tire-fessesque plus tard, le snowboard est déjà ringard, je suis enfin équipée comme il se doit (classe, noir et argent, normal, quoi), et prête à attaquer la face nord. Les premières descentes dans la poudreuse se passent nickel. Mon chéri est plus amoureux que jamais, je ne suis pas peu fière avec mon Labello. Et puis alors, ils ont des idées géniales. T'es trop forte, viens, on va te montrer une descente sublime!!!
Ok alors on prend ce tire-fesses là-haut tu vois...
- ah oui le tire-fesses oublié tout là-haut celui que j'entends grincer d'ici?
On prend la crête qui part juste à côté...
- tu veux dire ce pic verglacé qui fait environ trente centimètres de largeur avec du vide en dessous?
Et ensuite YOUHOU!!!
-Et YOUHOU!! BANG!!!
Le sapin!!! Je me suis pris le sapin! Je gis sous trois mètre de neige, ils ont tous déjà dévalé la pente. Je suis seule, sonnée et coincée. Là j'avoue je pleure. Je hurle toute seule, je maudis mon chéri sur trois générations.
Soudain du fond de mon igloo je vois une passer une tête. SATANÉ CHAMOIS! Je l'insulte lui aussi et tous les écureuils du coin. Oh tiens qu'est ce que c'est ça sous ma main. Tiens, un téléphone portable. Une personne serait morte ici? J'ai froid. J'ai peur.
Et puis bon quand même ils reviennent me sauver et se faire injurier.
La prochaine fois, je vous raconterais en quoi le fait que TOUT le monde soit invité peut parfois poser problème au ski et pourquoi cette année quand mon chéri m'a dit alors on y va quand j'ai dit OUH génial ça terrible!!!! Tu vas y aller TOUT SEUL!!!
11.01.2007
ni foi ni loi

On m'avait dit : tu vas voir il a fait tellement chaud qu'ils n'ont rien vendu, ils vont déstocker à fond!
Euh ah oui ah bon alors j'y vais alors, plaaaaaace!
Mais que je suis influençable.
Je fonce au Bon Marché pour apprécier la courbe économique d'un sac que j'ai en tête mais dont le prix en ces temps de banqueroute personnelle est littéralement indécent.
Donc, même à moins trente pour cent, il reste indécent. Je fais un tour de Bon Marché (parfait le Bon Marché pour faire des tours), j'appelle ma conseillère attitrée (AllôOo, Superchic?), elle me dit d'aller prendre l'air hors de l'atmosphère corrompue de ce temple de la ruine. Elle dit : si ça va mieux dans 5 mn, n'achète pas.
Je sors, je respire, et là, tel un Kaiser Soze, je reprends vie. Je n'achète pas.
En face, il y a un Zara. Hum Zara. Mon pouvoir d'achat est soudain décuplé, je pénètre l'enceinte comme une héritière d'hôtels de luxe. Mais diable que fait la sécurité? Des hordes d'hystériques marchent sur des vêtements épars. De jeunes filles se promènent à moitié nues, les rares miroirs sont les témoins de farouches guerillas. Je croise néanmoins de jolies robes, pas très chères c'est entendu, mais finalement pas si soldées que ça. Pas envie de rentrer dans la bataille pour si peu.
Je ressors, les mains vides.
Bien. Voyons voir. Le Marais et après je rentre. C'est plutôt calme finalement. Assez vite, je comprends pourquoi. Pour déstocker à fond, les gentilles marques que nous aimons bien, nous les filles, comptent surtout sur l'effet 'soldes', à y regarder de près, les prix ont très peu baissé. Souvent c'est du vieux stock de fond de boutique. Je suis prise de l'ivresse du shopper : tout se ressemble : des blouses des blouses du jean du jean des ballerines des bottes des bottes au secouuuuurs!
Je fuis.
J'appelle une amie, blasée comme pas deux, je lui fait des théories fashion post-apocalyptiques, je loue mon détachement face à la société de consommation, nous décidons de nous retrouver pour boire un verre et refaire un monde meilleur.
Chemin faisant, je vise une paire de bottines, super mal soldées bien sûr, mais trop jo-lies. J'entre dans la boutique. Damned! ils n'ont plus ma taille.
Une fièvre bien connue s'empare de moi. Il me les faut. Avec le vendeur, aussi maniéré qu'insensible, nous passons en revue toutes les boutiques de Paris. Une paire!!! Il reste une paire dans ma taille, à l'autre bout de la ville. Dans toute sa bonne volonté, il ne veut pas les appeler pour leur dire de les mettre de côté. Je dois donc prendre le risque de faire le déplacement sans être sûre qu'ils ne les auront pas vendues entre temps. Et puis, il est 19h12. Je suis dans un état proche de l'Ohio. Je m'imagine avec mes bottines, légère, riant, célèbre, mince, je cours, je cours...
Je n'ai vraiment ni foi ni loi.
08.01.2007
n°13

Avant tout, une merveilleuse année à toutes et à tous!
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La dernière fois je feuilletais le Glamour, quand je tombe sur un petit article d'Audrey Diwan :
14 trucs dont vous rêviez... Jusqu'à ce que vous les ayez.
En n° 13, je cite :
Un blog. Depuis que vous avez le votre, vous devez trouver tous les jours une manière amusante de raconter qu'il ne vous arrive rien de spécial.
Damned, Audrey! Je lance un regard méfiant autour de moi, de peur d'avoir été repérée.
Le n° 13, c'est moi! Voilà des jours et des jours qu'il ne m'arrive rien de spécial.
L'amour : Mon chéri est adorable, il est allé jusqu'à m'acheter des légumes. J'ai choisi d'ignorer qu'il a aussi ramené de la glace au marrons, avec des éclats de marrons glacés bien sûr, une pizza 'fastuosa', et des minis Häagen Dazs, tu les manges, tu t'en rends même pas compte.
Les fêtes : Ben oui les fêtes. Ben c'était bien, j'adore Noël, j'ai vu plein de gens que j'aime, j'ai mangé sans m'arrêter, je suis énorme, ma peau veut changer de crèmerie, je me demande à partir de combien de verres de champagne dans une semaine on devient alcoolique, j'ai lu mon horoscope et j'ai même fait des résolutions, dont je me suis interdit de faire un sujet.
L'amitié : Ah l'amitié, j'aurais un tas de choses à dire, à ce niveau là c'est le grand chambardement. Sauf que bien sûr mes amis les plus proches connaissent l'existence de mon blog et j'ai même déjà eu des 'tu parles jamais de moi' ou des 'qu'est ce que tu as sous-entendu quand tu as parlé des cheveux frisés la dernière fois?' 'hein?'. Comment pourrais-je ne serais-ce qu'effleurer l'injustice flagrante dont je suis la victime? - ceci est un test - stop - viens-tu encore par ici S - stop - si c'est le cas manifeste-toi - stop -
La mode : Comme je suis complètement ruinée, j'attends les soldes comme Nicole Richie attend sa prochaine carotte vapeur : C'est pas drôle les soldes! On achète toujours n'importe quoi juste pour avoir le plaisir de se battre avec ses semblables! On dépense trois fois plus! On s'épuise tellement qu'on finit inévitablement par un thé avec un éclair pistache!
Je m'interdis de faire un billet avec ce sujet.
Mes trois kilos : Vous l'aurez remarqué, ce sujet sous-jacent, dont je me suis interdit de faire un billet pour garder à ce blog une ligne irréprochable, m'étant vantée il y a peu de n'avoir aucun, mais alors aucun problème de poids, pollue chaque paragraphe de cet étrange billet. Aucun problème de poids. Ah! ah! ah! Merci les fêtes! Merci mon chéri! Merci les soldes! Merci l'amitié! Non S ça va je déconne ok c'est pas de ta faute ces trois kilos quoique je me demande si cela n'était pas une vengeance déguisée de ta part... hum?
Donc, mon credo étant : si tu n'as rien à dire, tais toi, j'observe, à défaut de celui dont je ne parlerais pas, un régime bloguesque. Et Audrey Diwan peut parfaitement se moquer de moi, j'assume totalement mon manque de temps, mon manque d'inspiration, mon manque de sveltesse, comment ça j'ai encore parlé de poids, et voilà, je déblogue.


